Et si le digital était en mesure d’endiguer les retards de paiement ?

Le 12 juin 2019, le MEDEF accompagné de plusieurs instances, expertes du « poste clients », organise à Paris la sixième édition des « Assises et Prix des délais de paiement ». La tenue d’un tel événement peut faire sourire certains, tant nous avons en France de formidables capacités à produire des commissions, des observatoires, des expertises, des rapports et des analyses de toute sorte qui se perdent parfois (souvent ?) dans les « tiroirs de l’inefficacité ».

Cependant, une telle manifestation a le mérite de mettre en lumière un problème auquel sont confrontées bon nombre d’entreprises : les retards de paiement des factures en B2B, responsables de la destruction de plusieurs milliers d’entreprises et donc de plusieurs milliers d’emplois chaque année. Selon diverses études, en France plus de 10 % des factures sont payées au-delà du délai contractuel mentionné sur les factures, et près d’un tiers des entreprises reconnaissent en subir de fâcheuses conséquences.

Et si le digital était une réponse à ce problème ? La question est posée !

Les principales solutions d’échanges de factures B2B passées au crible

Pour se faire une idée plus précise de l’origine du problème, on peut bâtir une comparaison entre les 4 principales solutions utilisées aujourd’hui par les entreprises pour l’envoi de leurs factures afin d’en apprécier les conséquences directes. L’évaluation portera sur 4 critères précis : le délai d’acheminement de la facture, la garantie de sa bonne réception, la certitude qu’elle est traitée une fois reçue, et l’existence ou non d’un possible traitement algorithmique. Chaque solution obtiendra une note sur 40 résultant de la somme des notes sur 10 obtenues pour chacun des critères. On fera bien sûr ici abstraction des « mauvais payeurs intentionnels », et on se contentera simplement de regarder le mécanisme conduisant au règlement final de la facture.

SOLUTION 1 – envoi par voie postale d’un fichier « facture » imprimé :

Délai d’acheminement : peut être long (2/10) // Bonne réception : aucune certitude (0/10) // Traitement de la facture à réception : aucune certitude (0/10) // Traitement algorithmique possible : aucun (0/10)

=> Evaluation globale 2/40 => Cette solution a un impact véritablement négatif sur les délais de paiement !

SOLUTION 2 – envoi d’un fichier « facture » en pièce jointe à un mail :

Délai d’acheminement : plus rapide que par voie postale (8/10) // Bonne réception : pas de certitude absolue de la bonne réception (gare aux spams !) (4/10) // Traitement de la facture à réception : aucune certitude (0/10) // Traitement algorithmique possible : aucun (0/10)

=> Evaluation globale 12/40 => Cette solution a un impact négatif sur les délais de paiement.

SOLUTION 3 – données de la facture transmises par EDI (Echange de Données Informatisées) :

Délai d’acheminement : acheminement immédiat dès lors que l’infrastructure « donneur d’ordre – sous-traitants » est en place (9/10) // Bonne réception : certitude que la facture est bien reçue (9/10) // Traitement de la facture à réception : pas de certitude absolue de traitement à réception (4/10) // Traitement algorithmique possible : envisageable, mais limité à un donneur d’ordre et ses seuls sous-traitants (2/10)

=> Evaluation globale 24/40 => le recours à cette solution engendre un impact plutôt positif sur la réduction des délais de paiement.

SOLUTION 4 – mise à disposition du destinataire d’un fichier et/ou des données de la facture sur une plate-forme :

Délai d’acheminement : immédiat (sans nécessité de déploiement d’une infrastructure particulière) (9/10) // Bonne réception : certitude absolue que la facture est bien reçue (9/10) et Traitement de la facture à réception : certitude absolue de son traitement à réception (9/10), les statuts successifs de la facture étant « partagés » par les clients et les fournisseurs // Traitement algorithmique possible : traitement des factures « en attentes de paiement » envisageable à grande échelle, et de surcroît déjà disponible auprès de certains prestataires (9/10)

=> Evaluation globale 36/40 => Cette solution est de loin celle qui garantit le mieux la bonne gestion des factures tout en permettant d’engager une action en réduction des délais de paiement (grâce aux « datas » pouvant être mises à disposition des algorithmes).

Bilan : le recours au digital est plus que le bienvenu !

Toute notation est toujours un peu subjective et chaque lecteur pourra se faire sa propre notation. Cependant, la comparaison réalisée ci-dessus semble être sans appel : plus le traitement digital des factures est poussé, plus l’incidence est forte sur la réduction de la durée de règlement de ces mêmes factures. Pour faire encore plus simple, on peut aussi analyser la « transition digitale » de la facture sous l’angle de son support : papier => fichier => flux de données. Et dans un monde du « big data », on comprend alors que la facture est simplement devenue une « data » comme une autre, qui ne demande qu’à être rapidement transportée, puis traitée, et donc … payée.

S’agissant des traitements recourant à un algorithme, la solution BizOverBiz propose en option, en complément de la dématérialisation, le « règlement anticipé » de factures ne créant aucune « valeur ajoutée » pour l’entreprise : en effet, pourquoi attendre entre 45 jours et 60 jours pour mettre en règlement une facture à payer de 1000€ et une facture à encaisser de 1000€ alors que ces 2 factures ne généreront aucun résultat positif pour l’entreprise concernée ? Le traitement ainsi réalisé agit en fait comme un accélérateur de règlements des factures en B2B.

D’autres solutions algorithmiques sont sans doute aussi dignes d’intérêt, et on peut aujourd’hui affirmer que leur plus grande utilisation permettrait de sauver de la faillite chaque année des centaines, voire des milliers de TPE et PME, en France (et en Europe).

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